Dans l'imaginaire collectif, les "psys" sont neutres.
Et de fait, j'évite de partager des éléments de ma vie personnelle si je n'en vois pas d'utilité pour nourrir la relation thérapeutique.
Mais en réalité, les psys ne sont pas neutres. La Gestalt-thérapie au contraire met l'interaction d'humain à humain au centre de son approche, à l'opposé d'une approche neutre.
Au-delà des affects qui traverse toute personne et donc aussi les "psys", nous sommes aussi des humain·e·s vivant à une époque donnée, dans une société donnée, et donc pétri·e·s de croyances, façonné·e·s par notre classe sociale, notre culture familiale/communautaire, etc.
Nous vivons dans une société qui est inégalitaire et discriminante, c'est un fait, documenté par la sociologie. Pour ma part, je déplore cela, et je tiens compte du fait que de nombreuses personnes subissent ces discriminations y compris dans les lieux où elles viennent chercher du soutien : établissements médicaux, aides sociales et donc bien sûr, accompagnement psy. C'est pourquoi je décide de dire clairement ici que j'ai une approche féministe, inclusive et que cela sous-tend ma posture thérapeutique. Je cherche à ne pas reproduire ces rapports de pouvoir dans mon cabinet. Pour cela, je m'instruis et me renseigne au quotidien sur ces questions.
Pour autant, je ne prétends pas être "safe" car cela serait à mon sens un piège. Je peux me tromper, faire des erreurs, mais je m'engage à la remise en question et à continuer d'apprendre.
Je me reconnais dans la définition donnée sur ce site de ce qu'est un ou une psy "située".