La Gestalt-thérapie est un courant de psychothérapie créé dans les années 50 par un couple de psychanalystes qui a fui l'Allemagne nazie : Laura et Fritz Perls. Elle se différencie grandement de la psychanalyse freudienne de l'époque car elle prend en compte l'expérience humaine dans sa globalité : pensées, émotions, sensations corporelles, relations avec tout ce qui nous entoure (personnes, environnement, société etc...).
À la différence de la psychanalyse, on ne cherche pas forcément à remonter aux événements du passé, mais plutôt à mettre plus de conscience sur ce qui se passe dans le présent (et parfois, cela passe aussi par parler du passé quand il s'invite dans le présent).
En développant notre capacité à sentir et à nommer ce que nous sentons, nous pouvons alors modifier notre manière d'interagir avec le monde, et retrouver un peu plus de liberté.
Ce qui m'amène à la dimension politique de la Gestalt-thérapie. Je cite ici Laura Perls qui disait :
« Je crois que le travail que j’effectue est un travail politique. Quand j’œuvre avec les gens pour qu’ils pensent d’une manière autonome et s’extraient de la confluence avec la majorité, il s’agit d’un travail politique. Et cela a de l’influence, même si nous ne pouvons travailler qu’avec un nombre limité de personnes. »

Sur quoi se fonde l'accompagnement gestaltiste
En Gestalt, nous nous basons sur les éléments suivants :
En tant qu'humain·e, nous sommes en contact permanent avec tout ce qui nous entoure.
Tout ce que nous pensons, ressentons, faisons, est le produit à la fois de notre individualité et de tout notre environnement. Par exemple, l'humeur est influencée à la fois par la météo, un échange qui a eu lieu ce matin avec une amie, le regard croisé avec ce passant, l'environnement bruyant dans lequel nous nous trouvons à l'instant, etc... On ne peux pas dire avec certitude ce qui nous appartient en propre, et ce qui provient de l'extérieur.
Aujourd'hui nous savons que notre corps est constitué en majorité de virus et bactéries qui ne sont pas nos cellules et sans lesquelles pourtant nous ne pourrions pas vivre. La bactérie est-elle "autre", ou est-elle "moi" ?
Si nous sommes interreliés et que nous créons ensemble les situations, alors cela se produit aussi dans le cabinet de thérapie. En tant que Gestalt thérapeute, je pars du principe que mes affects, mes sensations corporelles, mes pensées disent quelque chose de ce qui se passe avec la personne que j'accompagne. Je vais donc les utiliser, au service du cheminement de la personne. Mes interventions se basent sur mon vécu au contact des personnes accompagnées.
Notre histoire, notre environnement, ont participé à façonner chez nous une manière d'être au monde singulière et unique.
Dans cette manière d'être au monde, certaines façon d'entrer en interaction avec ce qui nous entoure sont des mécanismes de protection qui nous ont permis de survivre à des situations difficiles. Et parfois, elles se perpétuent malgré nous. Ces "réflexes" vont se manifester aussi en thérapie dans la relation avec la ou le thérapeute.
En tant que praticienne, je vais interroger certaines évidences, et surtout je vais chercher à m'approcher au plus près du vécu de la personne qui vient consulter. Je pars du principe que la manière d'être au monde de chacun·e a une bonne raison d'être, et constitue en elle-même une richesse, car il n'en existe aucune autre semblable. Certes parfois, certaines choses nous encombrent. Mon travail en tant que Gestalt thérapeute est d'approcher autant que possible ces endroits vulnérables, avec curiosité et délicatesse. C'est quand notre monde intérieur peut être accueilli avec douceur et sans jugement, qu'il devient possible d'ouvrir un peu ce qui était fermé, et peut-être, de trouver de nouvelles manières d'être plus satisfaisantes.
Je ne sais pas pour l'autre
La Gestalt-thérapie appartient au courant des thérapies humanistes, aux côtés de l'approche centrée sur la personne de Carl Rogers ou encore l'analyse transactionnelle. Ces approches partent du principe que tout être humain·e, dans un environnement propice, est amené à aller vers ce qui est bon pour elle/lui. Personne, hormis la personne elle-même, ne sait ce qui est bon ou non. Le/la thérapeute est donc là pour proposer un environnement le plus propice possible, pour que la personne puisse trouver son chemin par elle-même.
En tant que Gestaltiste, je suis profondément attachée à la liberté intrinsèque de tout être vivant, et j'ai à coeur de la respecter et de la valoriser au travers de ma pratique.